Le pôle poisson - écrevisse du SINP LR : les Fédérations de Pêche en action pour la biodiversité

Languedoc-Roussillon
Date: 
19/10/2017

 

L’Union Régionale des Fédérations de Pêche du Languedoc-Roussillon (URFP LR), maillon régional du réseau associatif de la pêche de loisir en ex-LR, anime depuis 2016, avec les Fédérations Départementales de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques (FDPPMA) du Languedoc-Roussillon, le pôle thématique « Poissons et écrevisses d’eau douce » du SINP LR.

Historique de la démarche

Dès 2012, la DREAL avait défini comme prioritaire la structuration du pôle poissons. Dans un premier temps, la DREAL s’est rapprochée de l’Agence Française pour la Biodiversité (ex-ONEMA) pour intégrer ses données poissons acquises entre 1980 à 2010.

Les FDPPMA, experts sur la biodiversité piscicole et astacicole et importants producteurs locaux de données, ont été associées à cette démarche. L’AFB étant sollicité au niveau national sur une plateforme similaire de partage des données (Système d’Information sur l’Eau) n’a pas souhaité animer ce dispositif, tout en mettant à disposition ses données « poissons » au niveau régional.

Suite à un essai de bancarisation des données poisson à l’échelle départementale réalisée par la FDPPMA 66 en 2014, certains freins liés aux outils techniques utilisés dans les différents départements et au périmètre d’intervention des Fédérations avaient pu alors être identifiés. Aucune FDPPMA n’était plus légitime qu’une autre pour devenir la « tête de réseau » pour le compte des 5 Fédérations concernées. Le réseau pêche en LR n’était alors pas structuré techniquement au niveau régional.

Ce frein principal a été levé en 2016, avec le recrutement d’une chargée de missions à l’URFP LR.

 

Les Fédérations Départementales de Pêche et de Protection du Milieu Aquatique, structures associatives spécialisées dans la connaissance des poissons

La pêche de loisir en eau douce en France est gérée par un réseau associatif dense. A l’échelon départemental, les Fédérations pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique (FDPPMA) sont un maillon institutionnel chargé de la gestion de la pêche récréative en eaux douces et de la protection du milieu aquatique.

Ce sont des associations « Loi 1901 » dont les statuts types sont inscrits dans le Code de l’Environnement, leur conférant des missions reconnues d’Intérêt Général. Les Fédérations départementales disposent d’un agrément préfectoral délivré au titre de la protection de la Nature.

Les Fédérations Départementales de Pêche et de Protection du Milieu Aquatique sont au nombre de 93 sur le territoire national. Elles ont pour objet :

  • De développer la pêche amateur ;

  • De mettre en œuvre des actions de promotion du loisir pêche ;

  • De protéger les milieux aquatiques ;

  • De mettre en valeur et de surveiller le domaine piscicole départemental ;

  • De collecter la Redevance Milieu Aquatique et la Cotisation Pêche et Milieu Aquatique (CPMA).

Dans le cadre de ces objectifs, elles définissent, coordonnent et contrôlent les actions des associations locales adhérentes.

Les Fédérations sont pilotées par un Conseil d’Administration élu pour 5 années. Leurs principales ressources financières sont constituées par la vente des cartes de pêche. Leurs fonctionnement est autonome à l’échelle des départements. Elles disposent de salariés regroupés en pôles complémentaires : administratifs, animations, et techniques;

Protection du Milieu Aquatique et inventaires piscicoles : une mission statutaire des FDPPMA.

La préservation et restauration des milieux aquatiques est au cœur des activités et des missions des Fédérations. Sur ce volet, elles réalisent diverses investigations sur les milieux aquatiques : bathymétrie, inventaires piscicoles et parfois floristiques, IBGN…, et élaborent des Plans Départementaux pour la Protection du milieu aquatique et la Gestion des ressources piscicole, les PDPG.

La méthode principale pour effectuer des inventaires faunistiques (piscicoles principalement voire astacicoles) est la pêche électrique. Cette méthode consiste à prospecter, à l’aide d’une ou plusieurs anodes libérant un courant électrique basse tension, un tronçon de cours d’eau d’une centaine de mètres appelé « station ». Les poissons sont attirés et «étourdis» par le courant délivré par l’anode, ce qui permet de les capturer, de les identifier, de les mesurer, de les peser et de les comptabiliser de manière précise par du personnel qualifié, avant d’être relâchés. Afin d’être le plus exhaustif possible, les inventaires nécessitent parfois plusieurs passages successifs sur la même station (2 voire 3). Avec du matériel et des protocoles standardisés, les FDPPMA réalisent plusieurs dizaines d’inventaires par an sur l’ensemble de leur département.

 Ces comptages piscicoles, couplés à d’autres données, permettent aux Fédérations d’avoir une vision précise de l’état des milieux aquatiques des départements, et de proposer une gestion adaptée au cas par cas.

Bancarisation et valorisation des données poissons et écrevisses d’eau douce

En Languedoc-Roussillon, les FDPPMA de l’Aude, du Gard, de l’Hérault, de la Lozère et des Pyrénées-Orientales sont adhérentes à l’URFP LR, et sont les principaux producteurs locaux de données actualisées sur les poissons et écrevisses d’eau douce de la région.

Ces Fédérations constituent, avec l’URFP LR et la DREAL Occitanie, le « noyau dur » du « Pôle poissons et écrevisses d’eau douce ».

En 2017, le pôle poissons a rassemblé 12 857 données sur les poissons et écrevisses d’eau douce, issues des FDPPMA du Languedoc-Roussillon, de l’Agence Française pour la Biodiversité (ex-ONEMA), de la Fédération Aude Claire, de bureaux d’études et de l’IRSTEA (ex-CEMAGREF).

Ces données correspondent à une période de 87 ans pour les écrevisses (408 observations, de 1929 à 2016) et de 35 ans pour les poissons (12 449 observations, de 1981 à 2017).

Près de 70 espèces de poissons et d’écrevisses d’eau douces (dont 4 espèces migratrices amphihalines, l’Anguille Européenne, l’Alose feinte du Rhône, le Saumon Atlantique et le Mulet porc) ont été observées à ce jour en Languedoc-Roussillon. Parmi ces espèces, certaines sont remarquables voire sensibles, comme l’écrevisse à pattes blanches, le chabot du Lez, la truite Fario méditerranéenne ou le barbeau méridional.

Une fois rassemblées en une base de données régionale, ces observations sont validées par un comité technique et scientifique espèce par espèce et pour chaque département, notamment sur la base d’Atlas départementaux de répartition des espèces.

Pour toute information sur le pôle, n’hésitez pas à contacter l’Union régionale des fédérations de pêche du Languedoc-Roussillon :

Alix Haddad, chargée de mission

arpo.technique@gmail.com   06.64.69.47.06

 

Pêche électrique d’inventaire réalisée par la Fédération de l’Aude pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique.

 

 

Répartition régionale de la Truite Fario (Crédit photo : Fédération de Pêche du Gard)

Page mise à jour le 10/04/2018