Historique

En 1976, est votée la Loi n°76-629 du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature, largement amendée depuis. On s'accorde généralement à placer la mise en place d'une véritable politique de protection de la nature à cette date. Le bilan de trente années d'acquis de cette loi relevait en 2006 la difficulté à jauger de son efficacité, aucun système de suivi n'ayant été installé pour caractériser l'état de ce que l'on n'appelait pas encore la biodiversité.

En 2001, un rapport (+ annexes) de l'Inspection générale de l'environnement (IGE), faisant à nouveau le constat d'une lacune en matière de suivi de la biodiversité, proposait la mise en place d'un dispositif national d'observation de l'environnement, intégré de la prise de mesure jusqu'aux rapports d'évaluation :

« L'objectif national d'un dispositif opérationnel d'observation de l'environnement, ci-après qualifié de réseau d'Observatoires Opérationnels de l'Environnement (OOE), résulte de la nécessité de :
  • aider l'action publique et les politiques publiques : choisir les priorités d'action, identifier des champs nouveaux exigeant des actions ;
  • rendre compte de l'état de l'environnement, soit vis-à-vis de l'opinion publique, soit pour répondre aux obligations internationales, principalement européennes, contractées par notre pays ;
  • évaluer les performances des différents volets de la politique nationale de prévention des pollutions et des risques et de la gestion environnementale. »

En 2004, la première stratégie nationale pour la biodiversité (2004-2010) prévoit le principe de la création de l'observatoire national de la biodiversité :

« 2. Créer un observatoire statistique de la biodiversité ordinaire
Sachant qu’un inventaire exhaustif de la biodiversité est hors de portée il faut, en complément, disposer d’un dispositif statistique qui documente la diversité biologique en général et permette de dégager les tendances(…). Les données fournies ont vocation à être croisées avec d’autres sources de données, comme la météorologie, les statistiques économiques, le recensement agricole, l’inventaire forestier, etc… C’est-à-dire qu’elles doivent être conçues pour participer au dispositif statistique national et en relation avec le projet de prise en compte de la biodiversité par les comptabilités nationales et locales évoqué plus haut. »

En 2005, l'observatoire national de la biodiversité est explicitement prévu dans le plan d'action « Patrimoine naturel » de mise en application de la SNB :

« 4.1 Garantir la qualité et mutualiser l’information & créer un système national d'observation de la biodiversité :
  • mise en place d’un système d’information sur la nature et les paysages,
  • mise en place d’un observatoire statistique de la biodiversité,
  • choix des indicateurs nationaux biodiversité de Pression, Etat, Réponse,
  • inciter à la mise en place d’observatoires régionaux et finaliser l’observatoire photographique du paysage »

En 2007, le Grenelle Environnement a réaffirmé le besoin de disposer d'informations synthétiques et fiables sur l'état de la biodiversité. Le rapport du groupe n° 2 consacré à la biodiversité propose dans son rapport rendu en septembre 2007 :

« 11/ Recherche et expertise scientifique : création d’un observatoire de la biodiversité
Le SINP s’organise en observatoire de la biodiversité, doté des moyens adéquats, et fonctionnant en réseau. Il produit des indicateurs, des cartes, des données, des bilans nationaux, partagés à toutes les échelles, et restitués de façon pédagogique aux élus, aux entreprises, aux gestionnaires, aux citoyens. »

En 2008, la SNB est reprise pour y intégrer les apport du Grenelle Environnement, Le projet d'observatoire, non mis en œuvre à cette date, est repris dans le plan d'action « Patrimoine naturel » 2008-2010 de la SNB :

« 4.2 Améliorer l’accès à l’information et sa diffusion au grand public
(…) Afin de renforcer l’accès à une information pertinente et actualisée, un observatoire de la biodiversité sera créé autour du système d’informations sur la nature et les paysages. »

En 2009, la loi n° 2009-967 du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, dite Loi « Grenelle I », l'a inscrit dans son article 25 :

« (…) l'État se fixe comme objectifs (…) la mise en place d’un observatoire national de la biodiversité mettant à la disposition du public une information actualisée (...) »

Fin 2009, le chef de projet est recruté à la direction de l'eau et de la biodiversité du Ministère en charge de l'écologie. 2009- 2010 permettra de relancer le Système d'information sur la nature et les paysages (SINP) et de préciser les champs respectifs de ce dernier et du futur ONB.

En juin 2010 se tient une réunion de préfiguration du futur comité national de l'ONB. L'organisation générale et les missions sont peu à peu précisées.

Le 14 janvier 2011, la réflexion aboutit au lancement officiel de l'Observatoire national de la biodiversité (ONB), lors de la première réunion de son comité national.

Le 17 mars 2011, se tient la première réunion de la coordination scientifique et technique (CST) de l'ONB.

Le 22 mai 2012, l'observatoire publie ses premiers indicateurs sur un site dédié.