Etat d'avancement, mai 2010
L'avancement du SINP TERRE en régions et dans les établissements publics à couverture nationale à mai 2010
Le Système d’Information sur la Nature et les Paysages (SINP), installé officiellement par une réunion du Comité National du SINP en 2006, a fait l’objet d’une mise en place inégale dans les régions françaises. Afin de définir les actions prioritaires à mener pour rendre le SINP opérationnel sur l’ensemble du territoire, en 2010, le MEEDDM a confié au laboratoire TETIS du CEMAGREF, une étude de synthèse sur l’état d’avancement sur le volet terrestre du SINP dans les régions françaises et les établissements publics à couverture nationale. A ce titre, vingt-cinq régions et cinq établissements publics ont été interviewés selon une grille d’entretien définie au préalable.
Les intérêts nationaux et régionaux du SINP sont largement admis. Les externalités positives les plus mentionnées sont : la mise en réseau des producteurs de données, l’accès à des outils de saisie et de diffusion et l’accès aux référentiels géographiques. Trois niveaux d’avancement, déterminés par le nombre d’actions mises en place dans le cadre du SINP, ont pu être observés dans les régions rencontrées. Les actions principales retenues pour les caractériser sont :
- (1) la mise en place d’un comité de suivi régional (CSR) du SINP ;
- (2) l’identification d’une structure relais ou de têtes de réseaux chargés d’animer le SINP ;
- (3) le développement d’un outil de saisie des données naturalistes ;
- (4) le renseignement de l’inventaire des dispositifs de collecte (IDCNP) ;
- (5) l’inscription du SINP dans les conventions signées avec les producteurs de données ;
- (6) la mise en place d’un projet en lien avec le SINP.
Concernant les établissements publics, l’état d’avancement est relativement disparate.
- Le Ca-SIF, développé par le GIP ECOFOR et auquel est rattaché l’ONF, est en cours de réalisation et nécessite la création d’une passerelle avec l’IDCNP.
- L’ONF est en cours de structuration de ses données naturalistes via l’outil BDN. Les dispositifs de collecte de l’ONCFS sont renseignés par des responsables thématiques, chaque délégation gérant ses propres données.
- Les données brutes de l’IFN sont accessibles depuis Internet en téléchargement libre, y compris pour le SINP.
- Enfin, le catalogue en ligne DISCEAU, piloté par l’ONEMA, permet d’accéder aux métadonnées des réseaux de mesure, des enquêtes et à la description des banques de données sur l’eau.
Les difficultés exprimées pour la mise en place du SINP sont relativement unanimes : portage et lisibilité trop faibles, manque de moyens humains et difficultés techniques liées à l’utilisation de l’outil d’inventaire. La mise en réseau des acteurs naturalistes et l’implication des Conseils Régionaux apparaissent également comme facteurs déterminants pour la mise en place des SINP régionaux. Les premières actions de soutien attendues sont : (1) la clarification des finalités et modalités du SINP ; (2) la circulation de l’information concernant le SINP ; (3) la définition d’un cadre juridique pour l’échange des données naturalistes ; (4) la mise à disposition d’outils tels que les référentiels et un outil de saisie des données.
Le rapport est téléchargeable ci-joint
L'avancement du SINP MER
Le volet marin du SINP a été mis en œuvre à partir de janvier 2009. Depuis deux ans, les outils ont été adaptés aux spécificités marines, que ce soit pour ce qui est des référentiels (taxonomiques, biocénotiques, et surtout cartographiques et toponymiques), ou pour l’usage des unités de mesures spécifiques, du thésaurus, ou encore de la mise à disposition des données par des outils existants.
Au-delà de cette phase d’adaptation et de développement, l’équipe du SINP Mer a mis en œuvre les 6 axes de travail établis, conformément au protocole national SINP, par le groupe thématique mer du comité national SINP (en cours de reconfiguration):
1- L’identification, la mise en réseau et l’animation des producteurs de données : c’est l’axe majeur de notre mission car à la base de la valorisation du SINP. Nous estimons que près de 50 % des producteurs de données ont ainsi été contactés par les agents du SINP Mer, et pour nombre d’entre eux, ont reçu une formation spécifique à l’IDCNP, ont eu un compte créé et ont enregistré leurs dispositifs de collecte de données. Une vingtaine de réunions régionales ont été tenues pour apporter un appui dans l’organisation de la production de données, mais aussi pour accompagner les producteurs vers la mutualisation des moyens, l’harmonisation des protocoles et l’exploitation collégiale des données mises en commun.
2- Catalogage des métadonnées et édition de l’IDCNP : un gros effort a été porté au catalogage des dispositifs car c’est un des éléments concrets du SINP. Ce catalogue (IDCNP) commence à être aujourd’hui suffisamment fournit pour pouvoir servir et devenir une référence en matière de bibliothèque dynamique du savoir sur la nature et les paysages. Les producteurs commencent aujourd’hui à venir vers nous pour demander leur enregistrement et les industriels commencent à l’utiliser pour rechercher les producteurs ou les jeux de données qui pourraient les intéresser.
3- Harmonisation, sécurisation, bancarisation des données : Cet axe reste encore le plus sensible, le plus complexe à mettre en œuvre. La bancarisation des données dans des bases sécurisées et interopérables fait appel aussi bien à des notions de technologie informatique que de droit des données, sans compter la sensibilité variable des acteurs sur la propriété et l’usage des données. C’est là un des grands chantiers du SINP.
4- Diffusion des données : elle est aujourd’hui effective pour certains producteurs publics qui se sont très positivement inscrit dans la modernité et le progrès. On peut ainsi retrouver dans l’Inventaire National du Patrimoine Naturel ou sur le serveur cartographique SEXTANT de l’Ifremer des données de plus en plus nombreuses émanant de l’animation SINP. Mais là encore, les esprits ne sont pas toujours prêts, et l’encadrement technique et juridique reste à simplifier.
5- Production de synthèses et d’analyses : c’est sur cet axe que portera une partie du travail notable programmé en 2011 car certaines échéances européennes notamment vont nous imposer un exercice de synthèse sur le patrimoine naturel marin qui placera le SINP Mer au cœur du dispositif national de rapportage. Le SINP Mer devra ainsi en 2011 identifier les dispositifs robustes et pérennes, et exploiter, avec les producteurs, les fruits de ces dispositifs par l’élaboration d’indicateurs descriptifs (simple expression de variables spatiales ou temporelles) permettant de renseigner sur l’évolution de notre biodiversité.
6- Orientation stratégique de l’acquisition de connaissance : enfin, ce 6ème axe a pour vocation à aider les grand producteurs à orienter l’acquisition de données vers les centres stratégiques de besoin. Cette orientation, nécessairement et volontairement déconnectée de la recherche, devra permettre à notre Etat de mieux répondre aux obligations et engagements nationaux, communautaires et internationaux et optimiser les moyens dédiés à l’acquisition de données sur la nature et les paysages.
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